Aeternam Magica

La douleur d'Aurulentus

Aurulentus remuait des idées noires, alors qu’il progressait dans l’un des couloirs situés dans les sous-sols de l’Alliance. Lui d’habitude si jovial était morose, empli d’amertume. Lui d’habitude si bien attifé et apprêté ne s’était pas rasé depuis deux jours, et portait des vêtements sales. Les vêtements qu’il portait lorsqu’il avait serré la main de son épouse adorée, Semira, quand la vie la quittait. Ses vêtements arboraient encore des tâches de sang. Celui de Semira.

Il n’avait pas dormi depuis 2 jours. Ses yeux étaient enfoncés dans leurs orbites et cernés. Ses cheveux, d’habitude bien peignés et lavés, étaient gras et ébouriffés. Comme il avait aimé cette femme!

Le matin, il avait mis Semira en terre. Toute l’Alliance était présente. Tout le monde avait aimé la jeune femme, belle, tendre, compatissante, toujours prête à aider les autres. Même les individus les plus cyniques devaient bien admettre au fond d’eux-mêmes qu’elle allait leur manquer. Ses enfants étaient tous là, bien-sûr. Beaucoup pleuraient, les autres retenaient leurs larmes. 17 enfants! C’était ça, le drame! Comment Aurulentus avait-il pu lui imposer un tel fardeau? La soumettre à son envie dévorante de réaliser une prophétie à laquelle lui-même ne croyait pas vraiment? Elle avait accepté bien sûr, sans se plaindre, sans rechigner à la souffrance. Car quand bien même sa magie facilitait l’accouchement, la douleur était bien là à chaque fois. Jamais elle ne l’avait blâmé. Elle s’était toujours pliée à son désir, son obsession, d’obtenir 7 fils.

Et cela avait marqué sa perte. Au fond, c’est le désir égoïste d’Aurulentus qui l’avait tuée. Cette déesse ophidienne, Hypnalis, n’était pas responsable, quoi qu’en dise ses Sodales. Il les comprenait… Ils voulaient tirer vengeance de quelque chose. Ils avaient besoin de blâmer quelqu’un. Lui savait qui était vraiment à blâmer. Tout le monde avait aimé Semira… Et Aurulentus l’avait tué!

Il fallait qu’il trouve un moyen de faire quelque chose… Il ne savait ni quoi ni comment, mais sa culpabilité lui hurlait qu’il devait faire quelque chose! C’est ce qui l’avait privé de sommeil depuis 2 jours. Le remord, la culpabilité, et le sentiment angoissant qu’il devait d’une manière ou d’une autre racheter le prix de son orgueil.

Ses mains tremblotaient alors qu’il progressait. Une agitation nerveuse, trahissant, si besoin était, son tumulte et sa détresse intérieure. Il tâcha de les joindre, pour calmer le tremblement, mais c’est comme si cette partie de son corps ne lui appartenait plus. Il n’avait pas mangé non plus. Son estomac était trop noué, comment aurait-il pu prendre quelque nourriture que ce soit? Il partageait tous ses repas avec son épouse, même lorsqu’il était très affairé dans son laboratoire. Il prenait toujours une demi-heure pour la rejoindre et passer un peu de temps avec elle et leurs enfants. Il ne la verrait plus désormais.

Pourtant, lors de la veillée funèbre, juste avant de la placer dans son cercueil, il avait discrètement placé sur le visage de sa bien-aimée le masque mortuaire que Sethra lui avait donné. Sans même qu’il le lui demande, elle lui avait remis ce masque, identique à celui qu’elle avait conçu pour préserver le corps de la maga Granorda de Calebais. Cet enchantement préserverait le corps défunt de son épouse des ravages du temps et de la putréfaction. Mais cela avait-il un sens? Qu’espérait-il en agissant ainsi? Il ne savait le dire.

En proie à une grande douleur, il était allé trouver Sethra après la cérémonie funéraire. La nécromancienne lui avait ouvert la porte avant même qu’il ait eu le temps de frapper. Comme si elle l’avait attendu. Les mots n’avaient pas pu sortir de la bouche d’Aurulentus. Seulement un coassement de chagrin et de détresse. Mais elle savait ce qu’il voulait demander. Et elle lui répondit qu’elle ne pouvait pas accéder à sa demande. Elle aurait certes pu, si les dispositions adéquates avaient été prises, retenir l’âme de la défunte dans ce monde, et même la “rattacher” à un corps humain et lui donner le contrôle de ce corps. Mais la semblance de la vie n’est pas la vie. Elle n’avait pas le pouvoir de rendre la vie aux morts. La nécromancienne, d’habitude si froide et cassante, avait presque semblée contrite en lui expliquant ceci.

Sans un mot, Aurulentus avait quitté le sanctum de Sethra, sans savoir précisément où aller ensuite. Que pouvait-il faire? Qui pouvait l’aider? Il marchait maintenant dans les souterrains de l’Alliance depuis un temps indéterminé. Il était si absorbé dans sa détresse, sa souffrance et ses pensées qu’il était inconscient du temps. Comme il avait aimé cette femme!

Puis, au milieu de la semi-obscurité, dans une galerie ne différant en rien de toutes les autres, une idée germa dans son esprit. Il y avait peut-être quelque chose à faire! Une chose folle, mais il était prêt à tout pour racheter sa faute. Il paierait le prix nécessaire. Reprenant conscience de son environnement, il dirigea ses pas vers le sanctum d’Hyperion…

Comments

Eirik est allé voir Aurulentus pour lui parler de son histoire.
Il l encourage a respecter le souvenir de sa femme au travers leurs enfants et en poursuivant les travaux pour lesquels elle a agit.
Il a des enfants possédant le don, eux plus que tout autre ont besoin d un père.
Ne fait rien qu elle aurait détesté, elle vit dans vos enfants

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